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Serviette Agateka : la poignante découverte de l'American Corner de Kamenge

September 23, 2015

 

La Directrice de SaCoDé, lors de la présentation de la serviette hygiénique Agateka aux invités de l'American Corner de Kamenge.

 

Situé dans les enceintes du Campus Kamenge de l’Université du Burundi, cet espace culturel de l'ambassade américaine accueillait ce mercredi 23 septembre une nouvelle édition du rendez-vous hebdomadaire dédié aux femmes. A l'honneur : l'organisation SaCoDé, venue présenter un documentaire vidéo sur l’hygiène liée à la menstruation.

 

Les étudiantes présentes à la rencontre, soit la majorité des invités, étaient quelque peu gênées par la présence masculine dans la salle alors qu'on allait aborder un sujet touchant à l’intimité féminine. C’était sans compter sur les capacités d'animatrice de Mme Françoise Nibizi. D’emblée, la Directrice de SaCoDé a tenu à rappeler à quel point le sujet à l'ordre du jour était important et pour les femmes, et pour les hommes : « Avoir ses règles n'est ni une maladie, ni une malédiction, c'est plutôt une bénédiction, un des signes d'une santé sexuelle et reproductive normale chez une femme. » D’où, d'ailleurs, le nom donné à la serviette hygiénique lavable de SaCoDé, (qui veut dire « dignité » en kirundi).

 

Mais ce sont les témoignages rapportés par Mme Nibizi sur l'ampleur des problèmes que pose la menstruation au Burundi qui finiront par complètement décrisper l’atmosphère dans la salle. A commencer par un chiffre : plus de 75 % de Burundaises ne peuvent pas avoir accès à une serviette hygiénique, dont le prix est autour de 1.500 Fbu. Soit à peu près 1$ : « C'est une somme trop importante pour la très large majorité des ménages ruraux, pour qu'elle soit dépensée à acheter une serviette d'usage intime. Et comme les menstrues relèvent d'un tabou dans la culture burundaise, personne n'en parle », a précisé Mme Nibizi.

 

Résultat : les concernées sont obligées de se rabattre sur des moyens de bord pour contenir l’écoulement des règles. Celle-ci utilisera des chaussettes bourrées de sable lors de ses menstrues pour ne pas rater un examen, celle-là fera recours à des morceaux de tissus prélevés sur de vieux pagnes, ou alors prendra des feuilles de bananiers, alors que les plus chanceuses parviennent à se fabriquer des pseudo-serviettes avec des chiffons arrachés à des matelas usagés.

 

Une situation compliquée par le fait que rares sont les femmes burundaises en milieu rural qui portent de slip : « Nous avons eu plusieurs témoignages des copines qui portent deux ou trois slips à tour de rôle, suivant celle qui est en règles. Le reste du temps, ces sous-vêtements sont conservés comme des biens précieux », raconte le Dr EricNiyongabo, en charge de la plate-forme SMS dédiée à l’éducation sur la santé sexuelle et reproductive (SSR).

 

Le coût de cette débrouillardise est terrible pour la santé : infections vaginales diverses, irritations et apparitions de boutons qui donnent une continuelle envie de se gratter, écoulements vaginaux putrides qui indisposent. Pour éviter la honte d'un regard de travers, la plupart des filles en règles ne quittent plus le domicile parental. Ce qui a une incidence directe sur leurs rendements scolaires, la mobilité des femmes plus âgées étant elle aussi réduite, avec une baisse conséquente des revenus familiaux.

 

C'est donc pour répondre à ce problème que SaCoDé a lancé la production de la serviette hygiénique réutilisable qui se décline aussi comme un slip grâce aux bretelles d'attache qu'on peut fermer autour des hanches. « En attendant que le pouvoir d'achat moyen permette de s’acheter des serviettes hygiénique jetables, l'urgence est que les décideurs comprennent et soutiennent qui peut durer deux ans », a expliqué Mme Nibizi. Mission difficile, sachant que la grande majorité de ces décideurs sont des hommes qui répugnent d'aborder un sujet aussi « gênant » que les règles.

 

Le rêve de la présidente de SaCoDé ? Que l'on glisse à la rentrée scolaire et dans chaque cartable d'une adolescente burundaise un jeu de serviettes hygiéniques : « Celles-ci sont des impératifs pédagogiques pour nos filles tout comme le sont le cahier et le stylo. On ne peut pas parler d’égalité entre les genres quand certains étudient tout le mois, les autres trois semaines par mois pour cause de règles. »

 

En attendant que la campagne de promotion d' porte des fruits au niveau national, SaCoDé s’apprête à livrer son premier lot de 2500 serviettes, grâce au financement de la banque KCB. Des serviettes qui iront aux filles de Karusi ayant accepté de témoigner dans le documentaire vidéo projeté un peu plus tôt. Par ailleurs, l’ambassade des États-Unis au Burundi a contribué pour la confection de 320 paquets de serviettes hygiéniques lavables et réutilisables pour 320 filles.

 

Des annonces accueillies par des applaudissements nourris, et émus de la salle.

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